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ARK_Mémorial harkis

Programme

construction d’un mémorial Harkis (Espace d’accueil et de commémoration, parcours mémoriel, jardin des mémoires, pavillon d’exposition, mémorial pour enfants, table du souvenir)

Lieu

Saint-Laurent-les-Arbres (30)

MO

Communauté d’Agglomération du Gard Rhodanien

Equipe

Lieux10 - Eco+Construire - Calder Ingénierie - Atelier Rouch - Netallia - BET Lamour

Coût

2 000 000 €

Surface

100 m² (exposition immersive) - 650 m² (Parcours mémoriel)

Statut

-

Environnemental

RE 2020 - BDO Niveau Argent - Matériaux biosourcés - Construction Pisé - Réemploi

Type

Equipement culturel - Construction neuve + Programme Muséal - ERP type Y 5ème catégorie

Crédits

Images ©Built Nicolas Amar

Longtemps marginalisée dans le récit national, l’histoire des harkis demeure une mémoire blessée, marquée par le silence, l’oubli et la rupture entre deux terres. L’enjeu du projet est de faire de cette mémoire un levier de compréhension du présent, et d’imaginer avenir apaisé. Regarder en face ce pan de l’histoire est un impératif de justice morale, de cohésion sociale et de reconnaissance universelle.

Le projet s’appuie sur le principe du « monument-parcours », conçu comme un lieu unifié associant accueil, commémoration, espaces muséographiques et parcours pédagogique extérieur. L’architecture ne juxtapose pas les fonctions, mais les relie dans une expérience continue, un seul et même lieu où la mémoire se construit par le mouvement. Le parcours devient le support principal du récit, privilégiant une approche sensible et progressive de l’histoire plutôt qu’une forme monumentale figée. Marcher devient un acte mémoriel à part entière, inscrivant la mémoire dans le corps, le site et la durée.

Le parti pris formel repose sur une écriture sobre et intemporelle, refusant toute monumentalité excessive sans s’effacer du paysage. L’architecture à vocation ici de rendre visible une histoire comme effacée. En rupture avec le plan orthogonal du camp, la géométrie circulaire propose une figure douce et fédératrice. Ce cercle d’environ quarante mètres de diamètre épouse la topographie et s’inscrit entre le sol, témoin du passé, et l’horizon, ouvert sur l’avenir. Il délimite une intériorité propice au recueillement et assure la continuité du parcours, même en l’absence d’accès au camp. Sans reconstitution littérale, l’architecture met en scène les limites, les seuils et les obstacles, invitant le visiteur à les franchir symboliquement. Cette mise en mouvement de l’espace qui fabrique toute l’identité architecturale du mémorial fait écho à l’étymologie du mot harki : «harka» (le mouvement en arabe).

Construit en terre crue (pisé), la matière est prélevée in situ (terrassement) et incorpore physiquement le territoire dans l’architecture. Ainsi, le mémorial semble émerger du sol et donner à voir la mémoire enfouie. Cette minéralité illustre notre volonté de donner de l’épaisseur à l’histoire et de solidifier/pérenniser en ce lieu la mémoire. Enfin, si le pisé établit un lien matériel immédiat avec les paysages du sud de la France, il fait surtout écho aux architectures vernaculaires d’Algérie. Cette technique constructive partagée de part et d’autre de la Méditerranée constitue à nos yeux le socle commun du bâtiment et un symbole d’unité et d’apaisement entre deux cultures. Véritable éloge du local et des savoir-faire artisanaux, l’usage de la terre du site s’inscrit dans une démarche environnementale remarquable. Damé par couches successives d’environ 15cm la mise en œuvre rend lisible la stratification tellurique et, par analogie, celle de l’histoire. En définitive, à la reconstitution anachronique du souvenir, notre proposition préfère l’émotion et les symboles subtiles

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